Mes écrits
Jacques LAUNAY
Terrasse de café la nuit
Touriste solitaire, j'erre dans les rues de la ville. La nuit s'est installée. L’air est agréable et propice à la flânerie. Le ciel clair, indemne de nuage, fait apparaître un festival de constellations d’étoiles, comme si j’assistais à une réunion de généraux dans ce vaste état-major nocturne. Le calme règne, juste un léger souffle qui apporte un rafraîchissement bien apprécié. Dans ma progression nocturne, des murmures assourdis de conversations se font soudainement entendre au loin, porté par l’air chaud de la saison. Ils m'attirent, encore incertain de leur provenance. Je suis curieux d'assister à cette animation. Ils guident mes pas qui me font franchir quelques carrefours, bifurquer, rebrousser une partie de mon parcours. Progressivement, la force des sons croit, ce qui confirme mon orientation.
J'aboutis alors sur une place pavée éclairée par quelques lampadaires complétant la lumière sélène et s'intégrant au tableau des étoiles. Sur la gauche se dresse un café affublé d’une marquise abritant une dizaine de tables installées les unes sur un parquet attenant à la bâtisse du café et les autres au-delà du sol boisé. Quelques clients y sont installés, certains seuls, d’autres par groupe. Un serveur élégant équipé d’un tablier blanc jusqu’aux chevilles déambule parmi les tables pour recueillir les commandes et servir les clients.
La façade claire du café renvoie la lumière du réverbère accroché au mur.
Au-delà, une petite famille profite de cette belle soirée pour déambuler, certainement avant de trouver le sommeil.
Désormais, j'entends clairement leurs conversations. Dans ce brouhaha, certains chuchotent. Peut-être s’agit-il de secrets qui ne peuvent s’échanger que dans ce lieu, à l’abri de la famille ou d’amis ou de collègues, pour partager des émotions ou des informations que même les voisins de terrasse ne doivent pas saisir.
D’autres, à une table occupée par trois personnages, se déroule un spectacle de gaieté ponctué par des éclats de rire, dans un roulement ininterrompu de voix joyeuses ne cessant de se renvoyer des anecdotes. On sent que la nuit ne leur sera pas suffisante pour épuiser les sujets qu’ils doivent débattre.
Puis il y a cet homme seul, triste, contemplant continuellement son verre qu’il boit par petites lampées. Que pense-t-il ? Quelle infortune l’attriste ? Comprend-il la situation qu’il rumine ? Doit-il prendre une décision ?
A l’observation, cette terrasse semble être un peu le reflet de la vie qui réserve ses bons et mauvais instants…
Bienvenue dans l’univers de Van Gogh :
