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Un conte qui compte

 

    Rappelons-nous les deux nigauds de la comtesse de Ségur. Ils étaient hauts comme trois pommes et jouaient aux trois mousquetaires qui cherchaient à défendre les quatre filles du docteur March, tirées à quatre épingles. Elles se disaient les quatre vérités en coupant les cheveux en quatre sur l’air des quatre saisons de Vivaldi.

   Pendant ce temps, le club des cinq unis comme les cinq doigts de la main voyageaient cinq semaines en ballon. Ils cherchaient un mouton à cinq pattes.  Ils rencontrèrent les six bourgeois de Calais qui s’exerçaient au dé à six faces.

    Dans la pièce attenante, sept nains jouaient les sept jours de la semaine au jeu des sept familles imagé aux sept couleurs de l’arc en ciel. Ils croyaient aux huit fées qui auraient prédit la vie de la belle au bois dormant, s’appuyant sur les neuf muses qui apprenaient la preuve par neuf après la lecture des dix petits nègres, lesquels, comptant sur leurs dix doigts, répétaient dix fois la même chose.

    C’est alors, sur le terrain d’en face, que onze joueurs de foot minimes voulurent exécuter les douze travaux d’Hercule réalisés en douze mois. Résultat : affamés, avec deux remplaçants, ils se retrouvèrent treize à table, un vendredi treize, cherchant midi à quatorze heures avec leurs vingt dents de sagesse.

    Puis arrivèrent les trente glorieuses favorables à Ali Baba et ses quarante voleurs qui répétaient cinquante fois la même chose en soixante minutes de soixante secondes chacune.

    Une partie de ces personnages firent le tour du monde en quatre-vingt jours, utilisant un sextant à quatre-vingt-dix degrés.

    Ils finirent chez un banquier qui, en un mot comme en cent, considérait avoir cent fois raison en faisant les cents pas pour gagner des mille et des cents.

    Ce banquier se prenait pour un archer et visait en plein dans le mille une cible qui brillait de mille feux sur le plateau des mille vaches, alimenté par Monsieur cent mille volts.

    Tout cela pour jouer à « qui veut gagner des millions ! » puis faire faire croire qu’il vaut mille milliards après avoir lu les cent mille milliards de poèmes de Queneau.

     Jusqu’où ira-t-on ?

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