Mes écrits
Jacques LAUNAY
Voyage en volière
Il y a quelques temps, je fis un voyage en volière. Quelle idée me diriez-vous ? En fait, il s’agissait d’un rêve que je me propose de vous narrer.
J’étais dans une énorme cage aux oiseaux, probablement située à perpète les oies, à vol d’oiseau. Il y évoluait nombre de volatiles. Par politesse, je fis coucou à tout le monde.
En premier se sont présentés des perroquets, bavards comme des pies et fiers comme des paons. Ils n’arrêtaient pas de me seriner les mêmes phrases. A mon avis, ils me prenaient pour un pigeon, me proposant, justement, de jouer à pigeon vole ou au jeu de l’oie. Moi, cela me glissait comme l’eau sur les plumes d’un canard. Il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages !
Quant aux pigeons, les vrais, gais comme des pinsons, ils ne cessaient de roucouler, chantant comme des rossignols. D’autres sifflaient comme des merles (que l’on mange, faute de grives). Leur chant était si beau que j’en avais la chair de poule.
Dans un coin, comme un coq en pâte, un jars narrait les contes de la mère l’Oie.
Toutes les couleurs de l’arc en ciel étaient présentes, sans oublier le blanc du cygne, le noir du corbeau, et le jaune canari. Tout cela était chouette !
Plus loin, fier comme un coq, un geai se parait de plumes de paon. Mais cela ne cassait pas trois pattes à un canard.
Tous ces volatiles étaient tellement nombreux, libres comme un oiseau, qu’une poule n’y aurait pas retrouvé ses poussins.
J’ai pris plein de photos : « attention, le petit oiseau va sortir ! ».
Ils avaient tous des appétits d’oiseaux, vite gavés comme des oies.
Alors que j’avançais au pas de l’oie, dans un coin, me surveillant avec son œil de faucon et son regard d’aigle, tel une poule mouillée, un dindon, un drôle de moineau, habillé en pied de poule et queue de pie faisait le pied de grue et baillait aux corneilles. Avec sa cervelle de moineau il attendait certainement les œufs d’or pondus par les poules. Timide, il faisait l’autruche comme une bécasse. Ce devait être le canard boiteux de la compagnie. Je lui aurais bien volé dans les plumes ! Des hargneux auraient crié « pas de pitié pour les canards boiteux ! »
Tous ces volatiles s’entendaient parfaitement grâce à la colombe de la paix. Je n’ai aperçu aucun combat de coqs ni aucun comportement rapace.
Je peux vous dire qu’avec tout cette agitation, il ne fait pas un froid de canard. Non, il ne caillait pas.
Enfin, ma visite touchant à sa fin, je sortis par la porte munie d’un bec de cane.
Mon rêve n’était malheureusement qu’un miroir aux alouettes, avant de m’éveiller … au chant des alouettes puis de déjeuner d’un pâté… d’alouette tout en écoutant les informations sur les politiques de l’autruche…